Rue du Marteau,10
5522 Falaën
Belgique
Tél. : +32(0)82/69.95.85
Fax : +32(0)82/21.39.66
info@montaigle.be

Primaire

Maternelle



Le sauvetage de Montaigle : Les choix effectués.

La philosophie du sauvetage

1. Consolidation du monument.
2. La végétation à l'intérieur du bâtiment.
3. La végétation à l'extérieur du bâtiment.
4. Aménagements dans le monument.
5. Le site environnant

 

Les Amis de Montaigle n'ont pas eu à hésiter devant les options qu'il fallait prendre pour sauver le château, puisqu'il s'agit d'une propriété privée ayant fait l'objet de plusieurs classements. Il leur fallait donc, d'une part, inviter le propriétaire à définir ses propres objectifs et en discuter avec lui; d'autre part, consulter la Commission Royale des Monuments et des Sites (C.R.M.S.). Ces deux démarches ont été faites à partir du moment où les Amis de Montaigle, dépassant le stade des travaux préliminaires qui ne touchaient guère aux structures, ont vu la possibilité de s'atteler à l'essentiel du problème : la consolidation.

A cet égard, l'année 1976 est capitale. Un cinéaste anversois, séduit par les ruines et le site, émit le souhait d'y tourner un long métrage. Il lui fallait disposer si possible d'une tour des ruines (la Tour d'Entrée), du gîte des Amis de Montaigle et même de la participation de ceux-ci. L'enjeu financier étant de taille, les Amis de Montaigle intervinrent auprès du propriétaire qui accepta de bonne grâce. Mais il fallait consolider la tour ! Comment? Avec quel argent? La consolidation de la Tour du Guet en 1974, avait coûté près de 600.000 F subsidié à 60% par l'Etat. Il s'agissait d'une consolidation "classique" avec démontage des parements et maçonnage au mortier, les joints étant lissés à la truelle. La Tour du Guet dresse fièrement ses maçonneries sur une hauteur de... 5 mètres. Le sommet de la Tour d'Entrée culmine à plus de 15 mètres ! IL fallait donc trouver une solution satisfaisante tant du point de vue esthétique que technique et économique. De nouveau, on décida de jouer la carte du mécénat en faisant appel à une société de la région, la S.A. Pasek, spécialisée notamment dans la projection de bétons réfractaires. Par sympathie surtout et aussi par curiosité, la S.A. Pasek accepta de pratiquer des essais d'insufflation et de projection de béton.

La C.R.M.S., invitée à se prononcer sur la validité des essais marqua son accord pour la consolidation de la Tour d'Entrée et le film fut tourné à la date prévue.

Bénéficiant toujours de la précieuse collaboration de la S.A.Pasek, les Amis de Montaigle eurent par la suite l'occasion de consolider par gunitage le cintre de la fenêtre à banquette de la Tour Flanquante et de réparer une partie des Escaliers du Donjon tandis que se perfectionnait la technique du gunitage appliquée à un monument en ruine.

Parallèlement, les échanges de vues entamés avec le propriétaire aboutissent à la signature d'une nouvelle convention qui définit les conceptions de celui-ci et les latitudes laissées à l'Association pour consolider et aménager les ruines. La technique de consolidation envisagée étant par surcroît tout à fait nouvelle, il fallait agir prudemment et s'entourer d'avis compétents, meme si, dans la pratique, le fait de s'entourer d'avis compétents aboutit souvent à multiplier les avis parfois bien divergents!

Pour le propriétaire, homme sensé et respectueux de l'image romantique traditionnelle des ruines, la solution proposée apparaissait comme une sorte de mal nécessaire. D'où son souhait de voir modifier le moins possible l'aspect sauvage des lieux, et ses réticences à l'égard d'aménagements définitifs qui ne seraient pas vraiment indispensables pour la consolidation du monument.

Cette façon de voir tout à fait légitime et dans l'ensemble partagée par les Amis de Montaigle s'est avérée dans les faits capable de concessions et de dialogue. On peut en effet aimer la poésie d'une tour dévorée par le lierre et lui découvrir d'autres charmes lorsqu'elle en est dépouillée et consolidée. La poésie et le romantisme cédant un peu de place à l'intérêt architectural, à l'esthétique de la forme, à l'histoire...

L'image traditionnelle des ruines est donc en pleine mutation; on est en train de la remodeler. Il faudra s'y habituer, refouler une certaine nostalgie, en reconnaissant la subjectivité d'une vision qui ne correspond même pas à celle qu'on avait des ruines au XIX ème siècle et au début de ce siècle : la documentation iconographique rassemblée est là pour le prouver.

La philosophie du sauvetage des ruines de Montaigle est donc bien modeste, tiraillée entre le passé et le futur; tiraillée entre des avis autorisés parfois contradictoires; tiraillée entre le besoin de réfléchir, de faire le point et la nécessité d'aller de l'avant parce que les travailleurs attendent des directives précises et immédiates.



1. Consolidation du monument.

La restauration des ruines se limite à une consolidation qui a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument en se fondant sur le respect de la substance ancienne et des documents authentiques. La restauration s'arrête là où commence l'hypothèse. Cependant, si cela s'avère nécessaire pour des raisons de compréhension ou de conservation, on pourra remonter un parement détruit ou suppléer les éléments disparus dont l'existence peut être prouvée de manière absolue par l'analyse du bâtiment. Les éléments destinés à remplacer les parties manquantes doivent s'intégrer harmonieusement à l'ensemble, tout en se distinguant des parties originales, afin que la restauration ne falsifie pas le document unique qu'est le monument.

Si pour des raisons esthétiques ou techniques il est nécessaire de recourir à la restitution, elle ne peut se fonder que sur une documentation iconographique, gravures, dessins ou photographies attestant l'existence de manière certaine des éléments disparus.

Tout travail de reconstruction est exclu. La meilleure restauration est la moins nterventionniste possible.C'est celle qui modifie le moins l'état du monument.(voir Charte de Venise)

La consolidation par gunitage répond certainement à ces exigences.



2. La végétation à l'intérieur du bâtiment.

Elimination radicale de la végétation ligneuse, quitte à épargner l'un ou l'autre buisson inoffensif. Suivant la C.R.M.S., les ruines demandent un habillement végétal. Il faut donc favoriser le retour de la végétation spontanée sur les murs à l'exclusion de tout apport extérieur. L'utilisation de désherbants est interdite. Ce point de vue est partagé par le propriétaire. Il faut cependant accorder une attention toute particulière à cette repousse pour empêcher le retour de toute végétation nuisible.



3. La végétation à l'extérieur du bâtiment.

Toute végétation sera supprimée sur le promontoire rocheux afin d'offrir la vision d'un château dans toute la force de sa masse dans un cadre boisé. C'est ainsi que le monument apparaît depuis sa découverte à l'époque romantique. Ce travail d'entretien est colossal et toujours à recommencer, la nature est plus vivace qu'on ne l'imagine.



4. Aménagements dans le monument.

L'accès à certaines parties du bâtiment apparaît problématique pour les visiteurs. Des aménagements de sécurité sont nécessaires et seront réalisés suivant l’esprit de la Charte de Venise.



5. Le site environnant

Les travaux dans le site environnant ont pour objectif de faire découvrir le château sous des angles insolites pour mieux en saisir toute la richesse architecturale. La création de sentiers de promenade autour du monument et l'aménagement de trouées permet de rendre les ruines plus visibles de la vallée de la Molignée.